6.8.18

Tout perdre

Samedi dernier avait lieu la rencontre mensuelle de croquis strasbourgeoise. Nous avons été rejoints par Marie-Odile de Besançon, Marie-Josée de Belfort, Catherine et Olivier de Dijon. Une belle délégation du groupe USK Bourgogne-Franche-Comté !

La veille de cette rencontre, en face du Café Atlantico - notre lieu habituel de rendez-vous - à cinq heures du matin, une maison à colombages datant d'environ 1850 a brulé.
Heureusement, il n'y a eu que quatre personnes légèrement intoxiquées par les fumées.

Lors de notre arrivée à l'Atlantico, les pompiers étaient encore sur place en surveillance, et des grues s'affairaient à délester au maximum l'édifice pour éviter que la façade ne s'effondre.
Malgré l'odeur assez prenante, j'ai sorti mon carnet et dégainé mes stylos.
Une fois le croquis posé, direction la place Saint-Etienne, pour rejoindre le groupe, avaler mon casse-croûte et attaquer un autre dessin.
Lorsqu'une imposante camionnette se gare à cinquante centimètres de mes yeux, je pose mon carnet par terre, et décide de patienter un peu pour voir si la vue se dégage rapidement.
C'est à ce moment qu'une dame âgée - dans les quatre-vingts ans - canne à la main, me dit trouver mon dessin très beau.
Elle me demande de voir les précédents et je lui tourne la page.
Quand elle tombe sur ce croquis, en voyant le bout de tissu que j'ai suggéré au deuxième étage, elle est prise d'une vive émotion : j'avais dessiné son appartement et le drame qu'elle venait de vivre.
Tout ce qu'il lui reste, c'est une culotte, un T-Shirt et sa canne.
Tous ses souvenirs sont partis en fumée.
Cette rencontre m'a également fortement ému.

2 commentaires:

Nicolas globe croqueur a dit…

C'est très émouvant, en effet, comme rencontre.

DESCHAMPS Christine a dit…

Quelle histoire ! Pauvre femme. En tout cas, je ne désespère pas de grossir votre groupe strasbourgeois à mon tour un de ces jours...