9.8.17

Une rencontre mensuelle, c'est facile !

Un sketchcrawl tous les trois mois, c'est vraiment sympa, mais c'est vraiment peu !
Il y a 18 mois, j'ai donc mis en place un rendez-vous croquis régulier à Strasbourg.

Le principe est le même que pour un sketchcrawl "officiel", un rendez-vous, on croque, on finit la journée en papotant autour d'un verre et des carnets.
Photo de Nicolas Elsaesser, qui passait par hasard et nous a envoyé cette image d'une partie du groupe. www.bastionprod.com


Histoire de ne pas rendre ce rendez-vous trop contraignant pour moi, j'avais pris comme options :
- d'avoir un jour fixe (ici, chaque premier samedi du mois - plus d'opportunités que le dimanche même si certains travaillent)
- de se donner rendez-vous entre 9h30-10h30, dans un café strasbourgeois bien situé (proche des transports en commun et de sujets variés), ouvert 365 jours par an (pour éviter les plans B)
- de laisser un mot sur la porte du bistrot pour les retardataires qui voudraient nous rejoindre (après notre départ à 10h30)
- de choisir le lieu de croquis le matin même (on peut facilement s'adapter à la météo, aux événements, opportunités, suggestions et envies de chacun)
- de se retrouver le soir dans le même café, ce qui permet aux personnes ayant des impératifs une partie de la journée, de nous rejoindre facilement

Certains m'envoient tout de même encore des messages du genre, "le 1er tombe un samedi, c'est bien ce samedi ?" ou "le rendez-vous a bien lieu ce mois ci ?" mais ça devient de plus en plus rare.

Avec maintenant un peu de recul, ce rendez-vous a rassemblé un minimum de 3 croqueurs (c'était pendant la rencontre USK de Lorient, où nous étions plusieurs à nous déplacer) et une large vingtaine au maximum.
Pas une session n'a été annulée.
Pour l'instant nous gardons la cadence d'un rendez-vous mensuel, mais peut-être que la rythme sera accéléré.
Rien n'empêche non plus de se retrouver en plus petits groupes à d'autres moments !

Avec le bouche-à-oreille, de nouvelles personnes nous rejoignent, et certaines accrochent bien.

En bref, c'est très peu contraignant à mettre en place.
N'hésitez pas à tenter l'expérience près de chez vous !



…et pour voir un peu plus d'images, c'est sur le groupe Flickr Urban Sketchers Strasbourg

1.8.17

Un dessin "pas à pas"

Tours, rue Racine. Mine graphite et aquarelle, janvier 2017.

Voici le déroulé en 6 étapes, de sa mise en place jusqu'à son achèvement d'un motif typique de paysage urbain en perspective. Rue ancienne, mais "ordinaire", dont l'intérêt réside surtout dans le choix du cadrage, la sélection d'un sujet à mettre en valeur (une belle façade à colombages),  et la qualité de la lumière.

J'ai réalisé ce pas à pas pour illustrer le dossier "Leçon de perspective à l'usage du peintre" réalisé par Stéphanie Portal et publié dans Pratique des Arts n°133, avril-mai 2017.
Stéphane Prévot

Mise en place des repères, définition des volumes.

Ajout des détails.

Finition du dessin.

Evocation du ciel par quelques touches de bleu outremer.

Mise en couleur.

Mise en place des ombres au gris de Payne, et rehauts au crayon.

31.7.17

Une amitié au milieu des pierres dorées



A l'entrée du village, un viticulteur collectionneur de voitures anciennes !

Je me rends compte que j'ai de plus en plus de dessins faits à Oingt dans mes "carnets de vie" ! Il faut dire que j'y ai des amis très chers que j'essaie d'aller voir régulièrement, même si c'est un peu (beaucoup) à l'autre bout de la France ! Oingt, c'est un joli village au cœur des "Pierres dorées" dans le Beaujolais. Perché sur un éperon rocheux dominant la vallée de l'Azergues, il peut s'enorgueillir de l'appellation convoitée de "plus beau village de France". Sa naissance remonte à  l'an mil et la construction d'une motte féodale, et le village connut son apogée au moyen âge. Son donjon date du XIII° siècle. Aujourd'hui, le village est donc classé et restauré, mais on y trouve essentiellement un artisanat d'art... plus de commerce de proximité, les habitants doivent descendre au Bois d'Oingt dans la vallée pour faire leurs courses alimentaires. C'est malheureusement bien souvent le cas de ces villages qui deviennent un peu des "villages musées" !

Une vue générale depuis les vignes sur le coteau en face (juillet 17)


Au Printemps, une trace de ce cerisier aujourd'hui brisé par la tempête (mars 17)


Dans le village depuis les marches de l'église (mars 17)

Le fameux donjon (mars 17)




Plantations en attente (avril 17)
Extraits de jardin (avril 17)
Une invitation à entrer (juillet 17)
J'aime dessiner dans le jardin abrité du vent, ou à l'intérieur... c'est une maison très inspirante où il fait bon être reçue !

Pluie dehors, soleil dedans... (Juin 16)

On retrouve le cerisier par la fenêtre ! (octobre 15)
Dans le jardin se cachent ou s'exposent des sculptures de mon amie (juin 16)

30.7.17

Rencontrez les correspondants : Pascal Thibault > Quimperlé


Pour moi l'aventure a commencé en juillet 2013 au musée d'Albi.

Parce qu'il était interdit de photographier je n'avais pas d'autre solution que de dessiner une superbe sculpture de Paul Gauguin dont je voulais absolument garder une trace visuelle.

Cette expérience inattendue m'a procurée beaucoup de plaisir alors que je n'avais jamais dessiné de ma vie auparavant.

Le mois suivant, je découvrais le mouvement Urban Sketcher dans le livre L'art du croquis urbain de Gabi Campanario aux éditions Eyrolles.

A la rentrée de septembre 2013, j'ai donc décidé de dessiner tous les lundis matins dans la petite ville de Quimperlé en Bretagne où je réside. Mon envie était de dessiner avec d'autres personnes et d'échanger ensuite autour d'un café. C'est comme cela qu'est né le groupe des croqueurs quimperlois auquel participent aujourd'hui entre 10 et 30 personnes chaque semaine.

Depuis 2013 je dessine donc très régulièrement en groupe ou seul en diversifiant les sujets et les techniques. Même si mes dessins ne sont pas souvent à la hauteur de mes attentes, l'important pour moi réside : dans l'instant de la réalisation qui nécessite une grande concentration proche de la méditation et dans l'échange que le dessin permet avec les croqueurs quimperlois ou d'autres urban sketchers du monde entier.

La pratique du dessin a surtout modifié mon regard. Avant, je ne voyais qu'un arbre vert et désormais je vois un arbre et son ombre avec toute une gamme de couleurs. Je suis aussi plus admiratif du travail des autres. J'apprécie mieux la qualité technique, l'originalité ou la force des traits avec les urban sketchers qu'Internet me permet de suivre.

Flickr
Facebook
Blog des croqueurs quimperlois 



Il est agréable de dessiner Quimperlé depuis ses quais
Une promenade dessinée quelques mois après sa percée
Quimperlé une ville en relief avec la ville haute et la basse ville
A quelques kilomètres de Quimperlé : le moulin à marée du Hénan
J'aime les intérieurs avec une multitude d'objets comme cet atelier
La piscine de Quimperlé pour dessiner au chaud à l’abri de la pluie (et en musique) 
Que du feutre pour l'abbaye Saint Maurice en bordure de la Laẗa cachée dans la végétation
Précieux moments d'échange
les croqueurs quimperlois

27.7.17

Retour de Brioude

La Biennale d'aquarelle se terminait ce mardi soir. Nous tous avons rejoint nos ateliers, après ces quinze jours riches de rencontres, d'échanges autour de nos pratiques, et de découvertes d'artistes du monde entier, qui tous ont cette passion, qui nous rassemble : diluer des pigments dans un peu d'eau et raconter le monde, lointain ou proche, en grand ou en petit format, et toujours sur papier.
C'est avec plein de projets en tête que nous nous quittions chacun en direction de nos rêves.
Stéphane Prévot







10.7.17

Carnet de Bru

La triste nouvelle est tombée en fin de semaine dernière : Bruno Agnès, que nous étions nombreux à connaître sous le nom de Carnet de Bru, nous a quittés brutalement, alors qu'il se préparait, avec son épouse Isabelle, à entamer une nouvelle étape de leur vie, dans une nouvelle ville et une nouvelle maison.  La communauté USk France est sous le choc, car il s'agit là d'une figure incontournable du mouvement, puisque Bruno a été longtemps administrateur du groupe national, ainsi que correspondant du mouvement en Europe.  Nous voulons par cet article lui rendre un hommage ému et exprimer notre gratitude à celui qui, avec talent et bonne humeur, a su accompagner les premiers pas de la communauté en France et imprimer un ton dont il subsistera sans doute toujours quelque chose, parce qu'il était présent dès le début et a laissé sa marque chez chacun de ceux qui avons eu la chance de le côtoyer personnellement.

Un album de dessins et de photos a été ouvert sur la page Facebook d'USk France, auquel chacun est invité à contribuer, mais le fonctionnement des réseaux sociaux est ainsi fait qu'une actualité pousse l'autre.  Nous voulons ancrer plus fermement l'hommage que nous avons envie de rendre à Bruno et le rendre pérenne, car son action était destinée à s'inscrire dans le long terme.  Notamment avec l'organisation de la Rencontre des Suds annuelle, autour d'Hyères, et la création du groupe Flickr Carnets de croqueurs, où beaucoup de sketchers publient aussi leurs dessins.

Petite notes rapides autour d'un barbecue.
Pour ma part, j'aimerais revenir sur les occasions qui nous ont réunis, Isa, Bru, parfois leurs compagnons quadrupèdes et moi, depuis que j'ai rejoint les rangs de la communauté des acharnés du croquis, en 2013.  La première rencontre a eu lieu à Sète.  Bru ne mettait pas de photos de lui sur Internet, et je ne connaissais que ce petit avatar énigmatique qui le montrait vu d'en haut dans son atelier, dans ces teintes bleues typiques de lui, comme s'il posait sur notre monde un regard distancié, ce qui n'était pas si éloigné de la réalité, en fait.  Je crois que je l'ai découvert en chair et en os au cimetière marin et en écrivant ces lignes, je ne peux m'empêcher de considérer ce que ce premier contact pouvait avoir de prophétique.  Mais ne cherchons pas des signes partout, ce qui compte, c'est la chaleur humaine que j'ai tout de suite ressentie à son contact, qui allait se confirmer l'année suivante, quand Isa et lui allaient débarquer à Tonnerre, mon coin de l'Yonne, avec leur camping-car.  L'occasion d'un premier apéro sur le terrain de camping municipal, avec un petit rosé qui allait sceller fermement notre amitié.

J'avais tenté de goupiller un petit safari dans les alentours, avec un passage notamment à Cruzy-le-Châtel pour une foire agricole, où l'église locale allait réjouir son œil averti d'architecte.  La sûreté de son trait m'avait alors ébahie, ainsi que la somme de connaissances qui était la sienne, dont il savait faire profiter les gens sans les assommer, marque d'un caractère affable et humble.  Assorti d'un appétit de vivre de fort bon aloi dans notre région de gastronomie.  Il reparlerait encore longtemps de cette fameuse pizza aux escargots improbable dont il s'était régalé à la Crêperie du port de Tanlay.

Ça, c'était avant de l'avoir goûtée, on sent le doute, quand même...

Détente et concentration à la fois, ce doux mélange cher au croqueur.
 Nous nous sommes revus récemment, à Besançon, en mars.  Isa et lui avaient profité de l'invitation de Marie-Odile pour se prévoir un périple doubiste et revoir des amis du coin.  Une météo exécrable a mis un terme prématuré à leur séjour, et là encore, les mots ont une résonance étrange.  Nous avons néanmoins eu le temps de parler de leurs aventures récentes, en feuilletant leurs carnets si pleins de vie, qui montraient l'émerveillement qui était le leur lors de chaque étape de leurs nombreux voyages.  J'avais bien évidemment imaginé, et souhaité, partager encore bien des aventures graphiques avec eux deux.  Mais les amitiés de sketchers ont ceci de particulier qu'elles sont épisodiques et soumises aux intempéries, ce qui ne les empêche nullement d'être solides et profondes.  C'est quelque chose de tout à fait particulier, vous savez certainement de quoi je parle.  

Un des derniers dessins postés par Bru
Je regarde les dessins de Bru, et j'éprouve comme toujours cette présence qui les animait. Ils resteront pour qu'on continue à boire à la source créative que nous partageons tous, claire et légère, comme ces atmosphères du Sud qu'il retranscrivait si bien.  Bon voyage à toi, Bru, n'oublie pas de croquer et sache que nos prochains dessins te seront forcément un peu adressés...




9.7.17

Leporello : Hyères et le Port de la Cotinière-Oléron

Hello

En ce moment je me teste sur le carnet accordéon nommé si poétiquement "Leporello".
Le premier sur la ville de Hyères, sur papier aquarelle.
Le deuxième sur le Port de la Cotinière à Oléron, sur papier brun, au total 1,6 m.
Le tout à l'encre et aquarelle.
L'avantage c'est que je peux choisir mon papier, mon format et la longueur finale à l'envie.

Encore des progrès à faire sur la finition de la reliure... hum hum... mais le métier rentre...
Merci à Ludivine Alligier et son papa pour leurs gentils conseils techniques.
Ils ont une petite production artisanale très soignée et même sur mesure pour qui veut.

Et pour ceux qui ignoraient, comme moi, l'origine du mot "Leporello" la voici :
Le leporello est une technique de pliage et de collage des pages d'un livre permettant à celui-de s'ouvrir comme un accordéon.
Le mot fait allusion à Leporello, valet de Don Juan qui présente à Donna Elvira la longue liste des conquêtes de son maître, pliée en accordéon, dans le premier acte de l'opéra Don Giovanni de Mozart (Air « Madamina, il catalogo è questo »).


Enjoy Caro  ;O)