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27.1.19

L'art d'oublier son carnet !!

La période des fêtes de fin d'année est terminée et le temps pour croquer c'est drastiquement amenuisé  par toutes ces heures passée au boulot :-)

Ces congés passés m'ont permis de passer quelques jours dans la vallée de Modane, plus précisément à Aussois, mais également plus au fond de la vallée pour faire du ski de fond à Bessans.

Préparation de mon matériel, en mode automatique, avant de descendre en voiture. Arrivé à Aussois, un peu de neige, un superbe soleil, une température supportable en polaire. On peut parler de conditions idéales pour sortir croquer après être descendu des ski de skating!
Mais surprise, mon carnet Hahnemuhle étais resté sur le petit meuble à Paris... J'ai bien le reste mais pas le support. En 20 ans de croquis, je crois que c'est la première fois que je l'oublie. Frustrations ...

Ouverture un peu agacé de mon sac de matériel de dessin que j'avais emporté et je redécouvre un vieux carnet kraft légèrement cartonné que j'avais commencé il y a au moins 6-7 ans sans grand enthousiasme à l'époque. J'avais pris aussi une micro boite de 5 pastels secs allant du blanc au bleu soutenu que je n'avais pas encore utilisé.

Me voici donc partant avec ce carnet imprévu, sortant par la force des choses de ma zone de plaisir habituel de croqueur.

Le premier croquis fait plutôt penser à un rodage. j'utilise mon feutre rouge et finalement le pastel se cherche. Mais je découvre combien le grain du papier vient raconter les milliers de reflets que la neige offre. Le ciel bien écraser et dire trop d'une nature qui est résumée à des formes, des ombres et reflets et dire des volumes subtils.
Le sujet de ce croquis m'est familier puisque je l'avais déjà croqué il y 4 ans: la Pointe de Bellecombe. Il est déjà 16h, les ombres s'étirent !

Pointe de Bellecombe (vue depuis Aussois)
Il suffit de me retourner pour me trouver en contre plongée du Roc des Corneilles que j'ai fait en randonnée pédestre cet été et ou se trouve le Trou de la Lune (https://flic.kr/p/27GvhBN). J'y confirme mon idée de mélanger l'aquarelle pour les premiers plans, les pastels pour les sommets, le tout à l'encre comme croquis de base. Toute la place est laissée à la lumière que le pastel révèle.

Roc des Corneilles (vue depuis Aussois)
Ces mélanges m'apportent une grande satisfaction d'autant que ce n'est pas la première fois que je m'attaque à ces paysages de neiges. Le contraste avec le fond en Kraft est trop sympa. A la fois, il enlève toute la lumière de l'aquarelle mais en même temps il fait exploser la lumière de la pastel sèche. J'avais beaucoup fait de pastel sec au début des années 2000, sur papier journal, des portraits africains et indiens, dans le style de Titouan Lamazou. J'avais, à l'époque, beaucoup aimé cette lumière que le pastel sec donne en reflexion.

C'est donc en me tournant vers le Mont Froid, plus à l'est de pointe de Bellecombe que je décide de plus investir dans les ombres/lumières, mon thème préféré après l'architecture.
Mont Froid (vue depuis Aussois)
 Ne restais plus qu'à remonter sur les ski de fond le lendemain, en emportant en plus de mon eau, mon carnet et porte plume, pour, après quelques kilomètres, faire une pause face au Grand Roc Noir, avant ensuite d'entamer la descente vers les Sardières (qui soit dit en passant manquait vraiment de neige pour ne pas finir à l'hosto à la sortie des virages verglacés ...).
Qu'importe, entre les arbres, cette chaine très massive émergeait avec beaucoup de sérénités. Le croquis s'imposait! Sur la gauche, la pointe de Lanserlia marque notre point de départ de notre randonnée itinérante que nous avons fait l'été dernier autour des Glaciers de la Vanoise (https://flic.kr/s/aHsmoZieAB). Ce n'est pas si souvent que je reviens en hiver sur un lieu de randonnée itinérante et je suis frappé de voir cette montagne devenue inaccessible par les quantités de neige.

Massif du Grand Roc Noir (vue depuis les hauteurs de Sardière)
La neige fondant à vue d'oeil, nous rechaussons les chaussures de randonnée pour tenter d'apercevoir les chamois sur l'éperon de Chatalania. Sans succès puisqu'une famille a élu les belles pentes de ce belvédère pour faire de la luge ...
Un petit chalet, avec un banc m'offre une vue panoramique sur l'aiguille de Scolette qui surplombe Fréjus. Je peut dans ce croquis me plonger dans cette vallée sans chemin de randonnée, mais qui me plairai bien d'explorer au autre été.

Aiguille de Scolette (vue depuis l'éperon de Chatalania)

Les pistes de Sardières étant définitivement très dures, je prend la voiture pour aller skier plusieurs fois à Bessans. Au retour, je fais une pose en voiture, face à la Dent Parrachée et son flanc Est que j'ai croqué cet été depuis le Refuge du Lac Blanc (https://flic.kr/p/2apTTwo).
Cette Dent Parrachée est pour moi comme un comble de la montagne. Majestueuse, inaccessible et juste Grandiose.

La Dent Parrachée (vue depuis les hauts de Lanslevillard)



Le carnet Kraft n'a plus de pages et nous migrons vers le sud du Jura ou la nature est plus en mode automnale qu'hivernale. Fini le croquis pour cette fois ci.

Arrivé à Paris, je cours me racheter un carnet Kraft. Cette expérience improvisée m'a apporté un vrai plaisir de lumière et ombres, dans une palette colorée tout à fait limitée. Je suis déjà près pour la fin février ou je vais retrouver les Bauges, ses falaises calcaires et plein de neige/soleil pour continuer à explorer cette palette "aquarelle-pastelisée".



10.11.16

Crozon, la magie de la lumière

Crozon, au bout du bout de la Bretagne, m'a toujours envouté par son isolement, sa manière d'être déjà une ile et l'infinie variétée de ses paysages dans si peu de surface!
Nous n'y étions pas revenu depuis 2008 (années de mes premiers croquis sur carnets broché, après 10 années de croquis sur feuille libre! une révolution à l'époque), et c'est fort d'une météo digne d'un début d'automne que j'ai pu profiter des lumières rasantes, d'un soleil chaud et d'un calme incroyable!

Que ce soit à vélo ou durant de longues rando à pied sur le GR34, voici quelques impressions.

Le week-end de notre arrivée, Morgat et sa longue plage étais animé par les championnats de France de Kayak et Pirogue. Ambiance très sympa et ventée ou nous assistons à l'arrivée de la course de 17km.
Championnat de France de Kayak et Pirogue

Depuis notre maison louée dans le dernier village de Rostudel (je vous la recommande absolument: ici), dans le Cap de la Chèvre, nous faisons une longue rando le long de la côte faisant face à la baie de Douarnenez. Des atmosphères de Corse se dégagent, le tout, à l'abri du vent.
Cap de la Chèvre, cote Est

En fin de journée, retour au village pour capturer ces crèches alignées portant en elle une vie de cultivateur/pêcheurs. Le calme des ruelles n'est pas artificiel dans ces croquis mais bien la réalité de ce village: 3 maisons ouvertes sur 30 ...
Cap de la Chèvre, le village de Rostudel

Par contraste, nous partons de l'autre coté de la presqu'ile le lendemain pour faire une boucle depuis Camaret. Ce coté de la presqu'ile est avant tout militaire, avec toutes les époques d'intervention des armées. Ici c'est un fortin désuet mais faisant face à un fort de la pointe des Espagnol qui a été réactivé par l'armée après les attentats de 2001 de NYC. L'empreinte de la base Ile Longue et de l'arsenal de Brest est prégnant.
Ancien fortin verrouillant la baie de Camaret sur la pointe du Grand Goin

Nous contournons la pointe du Grand Goin, pour découvrir la pointe du Toulinguet avec son sémaphore militaire inaccessible, puis la pointe de Pen Hir en contre jour.
Pointe du Toulinguet et Pointe de Pen Hir

Retour à Camaret en fin de journée, la température descend vite et c'est en croquis rapide que je redécouvre la beauté de l'architecture de Vauban, répondant à des règles d'architectures standardisée, mais qui vient s'opposer avec l'anarchie des architectures en ruines des épaves de chalutier.
Camaret, la Tour Vauban, l'église et les épaves sur le Sillon

Deux jours de vent et de pluie font chuter les températures et suppriment les belles couleurs, c'est donc en fin de semaine que je peux ouvrir de nouveau le carnet à l'occasion d'une autre boucle à pied sur le Cap de la Chèvre: cote jusqu'à l'ile Vierge puis retour par les villages de l'intérieur.
Je complète la page par quelques autres épaves de Camaret ou nous retournons à vélo.
l'ile Vierge sur le Cap de la chèvre, village Kerroux, Epaves (Camaret)

Deux derniers croquis viennent conclure cette semaine paisible: les pins surplombant la baie de Douarnenez et une autre vision de Rostudel avec ses crèches rangées le long de la route.
Cap de la Chèvre au soleil couchant, les Hameaux rangés de Rostudel

20.9.16

Quelques patrimoines accessibles !

Ce week-end était tourné vers la culture, voir ce que l'on ne voit pas habituellement et le partage du bitume pour parfois attendre… Les Journées Européennes du Patrimoine. Les JEP pour les intimes.

Cette année, un mail de Radio France vu à temps nous a permis de réserver des places pour venir suivre la répétition de l'orchestre de Radio France, samedi après midi, dans le Grand Auditorium.
C'est l'occasion de combiner  le plaisir des yeux et celui des oreilles!
C'était la première répétition de la symphonie n°1 de Mahler. Étant moi-même musicien amateur (Clarinettiste dans l'orchestre EDF), j'ai eu un plaisir amusé de voir que les pros sont aussi dissipés que nous, les amateurs, et finalement ne donnent aussi le meilleur d'eux même qu'après 20 minutes de répétition !
Par contre ils jouent juste tout le temps, ont de splendides intentions musicales… ça c'est parfois plus dur à obtenir pour nous (et tous en même temps) !

Hall de Radio France. Dans la réalité le ciel étais gris mais ça ne m'amuse pas de peindre du gris !

Je profite des quelques minutes avant le début de la répétition pour croquer les balcons et l'orgue de l'auditorium. Ce qui est étonnant c'est que le croquis est fermé, exactement à l'image de cet auditorium. Il ne laisse pas la place pour échapper le regard. C'est finalement logique puisque construit en cercle autour de la scène, il est très focalisant.
Grand Auditorium de Radio France
Je pense tenter une série "auditorium" de Paris puisque je vais jouer en juin prochain à la Philharmonie… beau sujet de croquis !
C'est après un second concert, de musique de Chambre, au studio 104, que nous concluons cette journée Sketch'and'music!

Le dimanche étais l'occasion pour moi de retrouver quelques collègues croqueurs parisiens à la piscine Molitor. Le sort du succès de son ouverture exceptionnelle en a décidé autrement. Cette piscine des années 30 a été transformé en hôtel ***** depuis un an. Impossible d'y accéder en temps normal, bilan, 2 heures de queue. Du coup, je me suis échappé dans les serres d'Auteuil, ayant peu de temps devant moi pour profiter.
La rencontre avec ce lieu m'a charmé. Il n'est pas si aisé de le croquer car les serres sont massives et la régularité de leurs structures difficiles à capter. Qu'à cela ne tienne, l’intérieur et les plantes m'ont autant inspiré que les bâtiments.
Serres d'Auteuil, dédié aux orchidées
J'ai regretté de ne pas pouvoir rester et profiter plus de ce calme, mais je prévoit d'y retourner pour faire une thématique fleur et plantes!
Serre d'Auteuil, l'exotisme végétal surmonté d'un clocher bois plutôt Normand ?

3.9.16

Du coté du Beaufortain

Voici quelques espaces du massif du Beaufortain que je voudrai vous faire partager après ces vacances d'été définitivement ensoleillées (trop sympa!!).

Après mon périple itinérant dans les Bauges, nous choisissons la simplicité pour la suite des vacances en décidant d'aller planter notre tente dans le massif voisin: Le Beaufortain.
Inutile de vous dire que son célèbre fromage est littéralement partout, disponible à n'importe quelle altitude et même proposé à n'importe quelle heure (des fois que l'on ai un manque convulsif) devant la fruitière par l'intermédiaire d'un distributeur !


Nous tombons sous le charme de ce massif qui est dense, très intime par ses trois vallées qui le compose, et joyeux en couleur avec ses verts dense et le minéral en juste quantité. Ce massif est à associer automatiquement avec le Mont Blanc qui est face à nous et devient le compagnon des visites et balade. Sa rencontre est parfois de manière étonnante au détour d'un virage dans le rétroviseur par exemple...

Puisque nous avons les jambes en béton après nos marches de la semaine passée, nous décidons d'aller faire le tour de la Pierra Menta, simple éperon rocher, massif et isolé sur une crête. C'est l'occasion pour moi de profiter des pauses dans les montées et descentes pour croquer ce sommet sous tous les angles. j'adore !

Montée à la Pierra Menta
Cette randonnée est très romantique puisque nous remontons un vallon en direction du Mont Coin, pour ensuite rejoindre le Lac d'Amour, enfin venir frôler la base de la Pierra Menta pour  replonger sur notre point de départ le Lac de Roselend.
Vue sur le lac d'Amour et le Mont Blanc

L'ascension de la Pierra Menta est bien sur hors de notre portée car réservée à la pratique de l'alpinisme exclusivement. Nous profitons d'ailleurs du spectacle de deux hommes qui en font l’ascension et finissent par être visible au sommet, comme deux points minuscules. Sensations!

Ce tour nous laisse groggy, la partie minérale étant très abrupte et vertigineuse. Le lendemain est donc destiné à profiter du confort de la voiture pour découvrir le val de Hauteluce et ses nombreux villages au cachet assuré.
Le contraste de nos architectures urbaines!!
Le hameau de Belleville est l'un des hameaux les plus charmant avec son église du XIIème siècle.
Nous pouvons à chaque fois constater le grand respect qui a été fait aux architecture et matériaux des chalets traditionnels. Ceux-ci sont systématiquement accouplés avec un petit chalet mitoyen destiné, à l'époque, à stocker loin du foin les trésors de la famille.
Chapelle de Belleville vue de part et d'autre
La redescente de ce vallon me permet de faire un petite pause à Saint Sauveur puis Hauteluce avec son joli clocher à triple bulbe.

Les jambes reposées, nous profitons du soleil toujours présent pour monter le lendemain au col du Joly et de la, rejoindre l'aiguille Croche. En chemin, le futur Beaufort est en préparation ... au moins dans sa phase initiale qu'est la collecte du lait en altitude. Bruit des cloches, odeur mélangées de bouse et de lait, le tout dans un bruit marqué de succion car nos chères vaches sont traites mécaniquement ici.
Clocher de Hauteluce et l'aiguille Croche
L'aiguille Croche surplombe Mégève de plus de 1000m de falaises de chistes, et permet de rejoindre le Mont Joly par une crête offrant un belvédère à 360° formidable. Du coté nord-est s'impose tout le massif du Mont Blanc, sans aucun nuage. Je me pose donc, m'équipe pour me protéger du soleil, et en avant le croquis panoramique.
Le sommet se voit ici dans un angle très différent de Chamonix. Le dôme du Gouter parait bien petit, alors que celui du Miage est plantureux. Difficile de ne pas enchainer sur un croquis de la Vanoise plus au loin mais on me rappelle à mes obligations de marcheur ;-)
le Mont Blanc vu du Mont Joly
Dernière journée dans ce massif pour découvrir en voiture le vallon d'Arêche et regarder si le Tour du Beaufortain pourrai être bien une de nos futures rando itinérantes ...
Cornet de Roselend et Vallée d'Arêche

Retrouvez cet album sur Flickr:
2016, Beaufortain

23.8.16

Du croquis ... à la Géologie

Cet été, j'ai eu l'occasion de randonner dans deux lieux naturels très différents et très étonnants: le bord de mer de Yport, entre Etretat et Dieppe et les montagnes du massif des Bauges.
En feuilletant mon Moleskine, j'ai tout d'un coup été frappé par la similitude, entre ces dessins, des formes et couleurs. Je vous propose pour mon premier post sur USK-F de partager avec vous mes réflexions en croquis.

Yport se situe sur les côtes de la Manche, tandis que le Massif des Bauges se trouve dans les Alpes du Nord surplombant au nord, le lac d'Annecy, à l'ouest, Chambéry et enfin, au sud-est, Alberville.

Je vous laisse partager visuellement mon constat de ressemblance:
Falaise à Yport, juillet 2016


Les Falaises de La Margeriaz dans le Massif des Bauges, aout 2016

Ayant emmené un vieux guide vert Michelin, je me suis replongé dans la géologie et les grandes époques de formation de l'Europe. De plus, j'ai toujours plaisir à essayer de comprendre ce que je voie dans nos montagnes en consultant face à celle-ci (vive l'ipad et la 3G ...) l'excellent site web geo-alp.com.

Et après quelques lectures, j'ai trouvé la clé de cette similitude qui vient se loger à l'ère secondaire (je vous épargnerai les dates ...), c'est à dire avant-hier à l'échelle de la planète.
Petit précis, en croquis illustré, pour mener l’enquête avec vous!
Au commencement ... , à l'ère Primaire, ce qui deviendra la France, est constituée de 4 massif montagneux, formant un arc: Armorique, Central, Vosges et Ardennes. Entre ces massifs, de larges territoires plat et bas en altitude:
 les massifs montagneux de l’ère Primaire

Le plan de coupe traversant cette zone, entre le nord-ouest et le sud-est, peut se résumer à cette vision:
Primaire: massif socle ayant subit une forte érosion

Débute alors l'ère Secondaire qui se caractérise par un affaissement général, associé à un envahissement de ces territoires par la mer. Puis une longue phase de sédimentation commence suivi du tassement de ces sédiments:

Secondaire: affaissement, montée des eaux, sédimentation.

C'est durant cette période que l'on observe que ce sont les mêmes natures de sédiments qui se déposent dans la région de Dieppe et des Bauges.

Arrive alors un nouveau bouleversement majeur caractérisant l'ère Tertiaire: un mouvement général de remonté de la plaque Afrique vers la plaque Europe avec pour effet une élévation générale des terres, un enfoncement de la plaque Afrique sous la plaque Europe, le tout entrainant un retrait de la mer. Commence alors un long mouvement de plissement de la croute terrestre avec comme appui le Massif Central et les Vosges, comme le ferai un tissu de soie que l'on pousserai sur une table. Le Massif des Alpes se forme, entrainant un glissement vers l'ouest de ces  plaques de sédiments qui tombent en se fracturant sur le coté ouest des Alpes. Ces plaques ondulées et brisées viennent former les pré-Alpes (Diois, Vercors, Chartreuse, Bauges, etc). 

Tertiaire: compression, élévation, plissement, rupture et glissement

Entre en piste alors la baisse des températures, ouvrant l'ère Quaternaire. Cela se traduit sur tout le continent Europe par une glaciation formant des glaciers de plusieurs kilomètres d'épaisseurs. Ces glaciers étant autant soumis à la gravité qu'aux mouvements des plaques, se déplacent alors, érodant les  massifs montagneux. De longues vallées se creusent formant des baquets, des amas de rochers (moraines frontales, latérales ou dorsales). 
Puis le climat se réchauffe, les glaciers fondent jusqu'à se cantonner aux vallées de haute altitude. Les pluies et les fontes entrainent la formation de rivières déplaçant les rochers, dissolvant les roches, creusant des gorges et clues, entrainant des glissements de terrains et créant des ravines. 
Les paysages prennent alors l'apparence que nous leur connaissons et qui se transforment toujours.

 Quaternaire: glaciation, Érosion glaciaire, réchauffement, érosion par ruissellement

Si nous retournons sur les deux lieux des croquis, points de départ de ce post, nous observons alors que la mer vient frapper nos sédiments du Secondaire, entrainant la chute de ceux-ci et formant ainsi ces splendides falaises de Yport:

Dans les Bauges, on a deux situations distinctes selon que l'on est loin des alpes (Bauges occidentales) ou proche (Bauges orientales).

Dans les Bauges occidentales, les plissements ont été associé à des fractures sismiques entrainant un glissement le long des failles. Puis l'érosion glacière et de ruissellement vient sculpter cette matière pour former ces splendides falaises courant tout du long des failles:
 
Bauges occidentales: fracturation et transformation des couches de sédiments due à l’érosion

Les Bauges, tout comme les autres massifs des pré-Alpes, se constituent en Anticlinal (sédiments bombés formant une montagne aux courbes langoureuses) ou bien Synclinal (vallées dont les montagnes latérales sont comme coupées au couteau).
Ce sont ces synclinals qui forment alors la longue falaise de la Margeriaz que je ré-affiche ici:

Vue latérale de la Margeriaz


La situation dans les Bauges orientales est différente. Les couches de sédiments sont bien plissés à l'ère tertiaire, mais beaucoup plus fortement, au point que certains plis peuvent être à la verticale!
Puis à l'ère quaternaire, l'érosion du aux glaciers est beaucoup plus radicale, supprimant tout simplement tout ce qui dépasse. Enfin, l'érosion par ruissellement vient finir de tailler les montages telles que j'ai pu les croquer.
Bauges orientales: plissement marqué, abrasion glacière radicale, érosion par ruissellement

Trois montages de ces Bauges orientales montrent parfaitement cette action:

Mont Pecloz et arêtes de l’Arpète dans les Bauges (les couches de sédiments sont verticales!)








Mont Trélot comme tranché  et montrant chacune de ses couches











Enfin, le Mont Colombier sectionné de part et d'autre, ne laissant que le fond du synclinal
Mont Colombier

Une rapide recherche dans mes anciens carnets m'ont permis de retrouver d'autres figures de cette géologie très travaillée, que ce soit dans le Vercors ou le Diois:
Vercors, hauts plateaux

Diois, Le synclinal de Saou surplombé des 3 Becs
 
Vercors, bel exemple d'érosion par le torrent de la Borne ayant transpercé le plateau
Tout ceci étant dit, n'étant pas spécialiste, peut être ai-je conclus un peu vite, mais au moins cela m'aura fait observer à posteriori ce que j'avais déjà eu grand plaisir à croquer sur le vif (même si les montagnes bougent peu ;-)).

Vous pouvez retrouver l'album intégral des croquis fait dans les Bauges ici:
2016, Les Bauges, randonnee itinerante  

13.8.16

Rencontrez les correspondants : Jean-Yves Sauze > Paris

autoportrait

Bonjour!

je voudrais tout d'abord remercier Lolo et l'ensemble des administrateurs de USKF de cette invitation à rejoindre les bloggers de USK France. Cela me fait extrêmement plaisir!

Se présenter donc... Je suis Jean Yves Sauze, j'ai 47 ans et je réside à Paris dans le XVeme arrondissement. Plusieurs d'entre vous connaissent déjà mes croquis que je publie depuis plusieurs mois sur Flickr. Je suis marié. Francoise, ma femme, est une formidable partenaire de tous ces croquis, acceptant de me laisser les 10mn (à beaucoup plus...) pour croquer toujours sur le vif et s'entousiasmant de raconter nos voyages avec le carnet comme images pour les réveler.

J'ai découvert le plaisir de croquer vers 1998, en tombant en arrêt devant un croquis accroché au mur chez un oncle et qui montrait par quelques traits le charme et l'évocation d'une ruine qu'il avait depuis restaurée. Je faisais beaucoup de photos et ai vu dans le croquis un formidable moyen de dire et narrer le monde face à moi. 
On peut me classer d'un tempérament assez actif, ayant toujours une idée de quelque chose à faire ou inventer. Le dessin s'est imposé comme un moyen de faire tout en étant au calme, chaque croquis étant comme une pause. J'ai découvert dans le croquis sur le vif un vrai temps pour regarder, observer et comprendre le monde qui m'entoure. 
Je croque plus au quotidien que le quotidien! 
Je suis très admiratif de ce que les hommes et la nature ont pu façonner. Mes croquis sont très souvent un reflet de leur influence sur notre environnement: l'architecture de chaque région ou pays, la géologie, la flore. Je suis moins emballé par croquer mes semblables ou la faune. Du coup, je les dessine souvent à la mine rouge, comme des fantômes dans une scène plus intemporelle. La Couleur et le Contraste sont mes deux valeurs fortes, tandis que la Perspective est mon amie quotidienne.

Je croque sur deux formats de carnets moleskine: A5 pour les planches, et A6 pour les croquis pleine page. Crayon, Encre à Manga, et aquarelle. Les pages sont un espace à conquerir, les croquis prennent place peu à peu et s'imbriquent entre eux. Ce mélange est parfois saturé mais permet aussi des emboitements et assemblages qui donnent une unité de lieu. Mon délice: croquer un même lieu sous differents angles sur une même page...

En plus de croquer, il y a eu la rencontre avec USK et le partage virtuel de nos réalisations sur Flickr. Cela a été un énorme marqueur dans ma démarche artistique et en lisant chacune de vos présentations, j'ai constaté que nous le vivons pour la plupart de la même manière: un lieu de partage, une stimulation à dessiner toujours plus, un lieu d'échange centré sur nos dessins et non notre personne, et enfin  un espace pour découvrir mille autres façon de croquer et interpréter le monde qui nous entoure...
Je n'ai pas encore eu l'occasion de vous rencontrer "en vrai", mais ce n'est qu'une question d'opportunité à saisir très bientôt.

Au travers du blog de USKF, je vais pouvoir associer du texte aux croquis et partager avec vous les atmosphères qui leur ont donné vie!

Si je devais choisir quelques planches définissant mes croquis, je vous proposerai celles-ci:

Ma rue à Paris