3.7.13

Carcasses, guimbardes et vieux hangars


Dans un petit village de 150 âmes et quatre rues qui s'entrecroisent, on pourrait croire que les sujets sont relativement limités.  Surtout en voyant sur le blog les reportages pleins d'embruns ou de foules foisonnantes des croqueurs des autres coins de France.  A chaque safari autour de chez moi, à l'affût de la vue imprenable, je m'inquiète de savoir si je vais trouver LE sujet qui va me donner envie de me poser.  Et à chaque fois, je suis la première surprise de constater que je n'ai pas encore fini d'arpenter la première rue que déjà j'ai eu 3 ou 4 idées !

Ce sont deux camionnettes garées au milieu d'un capharnaüm invraisemblable qui m'ont arrêtée, avant-hier.  Une épave et sa jumelle encore fonctionnelle, l'une servant certainement à entretenir la vie de l'autre, comme ces bébés-éprouvette conçus simplement pour fournir des pièces de rechange à un premier-né malade.  Malgré le désordre et la dégradation ambiants, l'ensemble m'a semblé poétique.

En deux séances d'une heure, en fin de matinée, pour conserver une exposition similaire, j'ai tenté de saisir l'atmosphère sereine d'abandon qui régnait à l'ombre du hangar.  D'abord, le dessin au feutre Staedler 0,2, sans tracé préalable.  Mieux vaut bien prendre ses repères pour les lignes de fuite et les parallèles, car le feutre ne pardonne rien, mais ça fait partie du fun !


Puis le remplissage des zones les plus sombres, en ayant soin de les choisir avec discernement, pour que les plans apparaissent clairement.  J'avais déjà la composition en triangle en tête en partant, si bien que j'ai laissé tomber les détails qui sortaient de la zone que j'avais décidé de mettre en valeur.  J'ai beaucoup aimé faire ressortir les structures métalliques sur le fond foncé et les prolonger en noir sur le fond blanc, même si les entrelacs métalliques m'ont donné pas mal de fil à retordre pour respecter la perspective.


En dernier lieu, j'ai colorié les zones ombragées en gris, malgré les marques que cette opération laisse à chaque fois sur le papier glacé du Moleskine que j'utilise.  C'est un inconvénient que je n'ai pas réussi à contourner, pour l'instant. J'essaie de remplir dans le sens des structures, pour gommer un peu l'effet "barbouillage" et surtout, je vais faire l'acquisition d'un Pantone gris, dont on m'a vanté le pouvoir couvrant.

Et voilà, un autre recoin de Tronchoy, en Bourgogne, soigneusement croqué pour finir mon premier carnet complet !

6 commentaires:

Mr Tazab a dit…

On se régale à flaner avec toi et à en apprendre un peu sur la genèse de ce dessin, au demeurant magnifique. Merci Christine!

Jérôme Motte a dit…

La pose des ombres est nickel et le rendu à la hauteur de la maîtrise du trait et des 3 valeurs utilisées. Bravo !

DESCHAMPS Christine a dit…

Merci à tous les deux !

didier millotte - illustrateur a dit…

Chouette. L'ombre apporte tout de suite un relief au dessin.

c+v a dit…

Merci pour les explications sur l'élaboration de ton dessin. Très beau travail. J'aime beaucoup le choix du sujet également. Tu sais comment, par ton regard et ton coup de main, rendre la réalité beaucoup belle.
Ca donne envie de venir à Tronchoy...

DESCHAMPS Christine a dit…

Pas de problème, prendre contact avec moi et hop, visite guidée et sketchcrawl maison !