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3.10.17

Exposer un carnet de voyage

En juin dernier, j’ai été invité à participer à une exposition dont le thème était « passage ». J’ai réfléchi et décidé de faire ce que je fais le mieux (je crois) : un carnet de voyage. J’ai donc commencé ce carnet le 13 juin en essayant de coller au thème. Je l’ai trimbalé durant 2 mois et demi dans mon sac en m’obligeant à le remplir de manière aussi régulière que possible au rythme d’une double page tous les deux jours à peu près. Le dernier dessin a été fait la veille du début de l’expo.



Une de mes  appréhensions était de rater des pages, ce qui m’arrive régulièrement avec mes carnets habituels. À mon grand étonnement, je me suis aperçu, chemin faisant, que la contrainte de l’expo me rendait plus rigoureux, plus concentré. J’ai réussi, pour quelques dessins très mal engagés, que j’aurais sans doute abandonnés dans un carnet normal, à récupérer les erreurs et à produire quelque chose de correct, voire intéressant. L’averse par exemple, a été dessinée sous un pont, à genoux, pluie dans le visage et j’ai eu très peur d’avoir une page inmontrable. Je crois que l’ambiance, au final, est plutôt réussie. https://www.flickr.com/photos/claudemargny/36139908624/in/dateposted-public/

Pour que le carnet soit aisément consultable, je l’ai attaché, à l’aide de deux plaques de plexiglass et de princes, sur un support dur (carrelage noir), le tout posé sur un lutrin.


Ma crainte était qu’il soit trop manipulé, qu’il en souffre et ne tienne pas le temps de l’expo (une semaine) d'autant que je ne l'avais pas ménagé durant deux mois et demi.



A ma grande surprise, les gens ont été très respectueux, bien que beaucoup consulté (certaines personnes m’ont dit l’avoir feuilleté entièrement) il a très peu souffert, je l’ai retrouvé dans le même état qu’au début de l’expo.


L’ensemble du carnet (78 pages) est visible ici.
https://www.flickr.com/gp/claudemargny/0d972k

16.5.17

Sur les pas de William Turner

Par le dessin, on s'inscrit dans cette longue histoire de ces artistes qui sont partis à la découverte du patrimoine naturel ou historique, munis d'un matériel léger.
Ils sont sortis de leur atelier, carnet et boîte de couleurs en poche, à la rencontre du motif pour nous transmettre leur vision et leur émotion de voyageurs curieux.
C'est ainsi qu'Eugène Delacroix dessinait, partout, toujours, en France et en Afrique du Nord dans des carnets surprenants de modernité, c'est ainsi qu'Eugène Boudin s'émerveillait des ciels de la côte normande, que Johan-Barthold Jongkind découvrait Paris, à la manière d'un Urban Sketcher d'aujourd'hui, c'est ainsi que Viollet-le-duc peignit les Alpes, les décrivant à l'aquarelle avec la rigueur de l'architecte, c'est ainsi qu' Edouard Manet enregistra tout ce qu'il pouvait saisir de la vie parisienne, c'est ainsi que William Turner, voyageur infatigable, visita la France et toute l'Europe, les villes, les fleuves, la montagne, remplissant conpulsivement ses carnets des impressions fugitives qu'il voulait retenir pour les intégrer dans ses aquarelles et ses toiles…
C'est ainsi que sur les pas de tous ces artistes, nous partons nous-mêmes, et continuons à dessiner et peindre le monde.
Stéphane Prévot  www.atelierturner.fr

Stéphane Prévot, Nantes. carnet De Nantes à Nevers, un voyage le long de la Loire, 2013.