Envie de vous raconter la France le temps d'une traversée... en train , 5 heures.
Au début, rien.
Deux lignes, l'Horizon. On respire.
De temps en temps, un point virgule, un accent, une exclamation puis plus rien.
............................................la ligne......................................................... droite.
Le temps s'étire.
Tiens et si je dessinais ça ? Ce qu'on retient d'un paysage qui passe à 300 km/h... archétypes superposés mentalement qui finissent par composer l'image d'un lieu, d'un pays.
Tout doucement, cette ligne commence à onduler, lentement.
A moutonner, à verdir.
D'un coup, je relève la tête et ça y est, je reconnais la Bourgogne.
Les prés ont remplacé les céréale, les haies courent le long des lignes de niveau, dessinant chaque colline, reliant les bois et les villages. Toits bruns carmins, flèches d'églises, nids d'humains sertis de végétation feuillue bien généreuse... tâches blanches des troupeaux.
Pays d'Yonne, Morvan, Charolais défilent.

Peu à peu, les champs moissonnés réapparaissent, les courbes s'apaisent tandis qu'à l'horizon se lèvent les contreforts montagneux. Les Dombes, pays d'étangs, de bois et de maïs, s'impriment sur ma rétine... mais déjà la plaine Lyonnaise les remplacent.
La Vallée du Rhône s'enchaîne, je ne sais plus de quel côté regarder... ici une cheminée d'usine, là une barre rocheuse... la Chartreuse, le Vercors ? Trois vignes, le Pilat et déjà voici les lignes de peupliers et les vergers de Montélimar.
Ca s'accélère, plus le temps de mettre de la couleur, vite, vite, j'attrape au vol quelques lignes de la Durance... tandis que déjà s'annonce le pays d'Aix, sec, blanc et vert de garrigue.
Je la guette, elle se fait attendre mais non, la voilà d'un coup, dominant le paysage,
la Montagne Sainte Victoire.
"Aix TGV, deeeux minuuuuuutes d'arrêeeeet"........ le temps d'aquareller ces paysages très sauvages.
Et hop, fière de moi, je relève la tête... et je suis au milieu de la ville. Marée marseillaise de maisons, d'immeubles, bâtis de bric et de broc, superposés dans tous les sens... j'ai perdu mes repères.
Si ! Ah là-bas, le port, les îles du Frioul... la Bonne mère, ouf !!!
Grandes collines rocheuses, barres d'immeubles, le tout éclaboussé d'or par le soleil couchant.
Kaléidoscope de couleurs du Sud, puis les ombres gagnent. Le temps d'esquisser la Ciotat, non, trop tard, Bandol. Trois palmiers, une baie, la Nuit est tombée, rideau !
Cinq heures... Ca paraît long à priori, et pourtant, de cette manière-là,
je ne les ai pas vu passer !!!