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10.8.19

Itinérances

Cette année les vacances étaient en mode itinérance, en camping-car. Histoire d’aller un peu à l’aventure, sans itinéraire vraiment programmé...L’idée était de se déplacer à la façon de Rahan, fils des âges farouches, qui pour décider de la direction, faisait tourner un coutelas d’os... (bande dessinée de mon enfance publiée dans Pif)... En guise de coutelas d’os, un vulgaire plioir en os en plastique :) Ça fait quand même moins aventurier... Tout cela nous a emmené a Baume-les-Messieurs, Les Gets ( et ses environs), Thonon, Coublevie, Pont-en-Royans, Saint-Nazaire-en-Royans, Matafelon-Granges.
Belles découvertes... Belles rencontres...













16.5.17

Sur les pas de William Turner

Par le dessin, on s'inscrit dans cette longue histoire de ces artistes qui sont partis à la découverte du patrimoine naturel ou historique, munis d'un matériel léger.
Ils sont sortis de leur atelier, carnet et boîte de couleurs en poche, à la rencontre du motif pour nous transmettre leur vision et leur émotion de voyageurs curieux.
C'est ainsi qu'Eugène Delacroix dessinait, partout, toujours, en France et en Afrique du Nord dans des carnets surprenants de modernité, c'est ainsi qu'Eugène Boudin s'émerveillait des ciels de la côte normande, que Johan-Barthold Jongkind découvrait Paris, à la manière d'un Urban Sketcher d'aujourd'hui, c'est ainsi que Viollet-le-duc peignit les Alpes, les décrivant à l'aquarelle avec la rigueur de l'architecte, c'est ainsi qu' Edouard Manet enregistra tout ce qu'il pouvait saisir de la vie parisienne, c'est ainsi que William Turner, voyageur infatigable, visita la France et toute l'Europe, les villes, les fleuves, la montagne, remplissant conpulsivement ses carnets des impressions fugitives qu'il voulait retenir pour les intégrer dans ses aquarelles et ses toiles…
C'est ainsi que sur les pas de tous ces artistes, nous partons nous-mêmes, et continuons à dessiner et peindre le monde.
Stéphane Prévot  www.atelierturner.fr

Stéphane Prévot, Nantes. carnet De Nantes à Nevers, un voyage le long de la Loire, 2013.

9.7.15

La France, à l'autre bout du monde...

Alors voilà, vous me manquiez...
Mais je peux à nouveau reprendre mes petites chroniques dessinées car la Nouvelle Calédonie, c'est encore un peu  la France...

La mangrove de Prony, sud de la Grande Terre

Pourtant, on ne dirait pas.
Je débarque sur une terre où ce ne sont plus les mêmes repères. Montagneuse, sauvage surtout, en dehors de Nouméa; plus de bâtiments, plus de béton, que du vert à foison,  exubérant, la palette a intérêt à être large! Du vert et de la terre rouge. Des nuages chargés de pluie, des prés verdoyants, on se croirait en Irlande ou en Ecosse, ... ah ben, c'est ça, James Cook l'avait prise pour sa terre natale et l'a baptisée de l'ancien nom de l'Ecosse.

Je me régale à dessiner ces arbres tortueux de la mangrove, les palétuviers,  aux nuances de verts kaki et de rouges mordorés. Ils avancent dans l'eau, tordus et grimaçant,  comme au prix de mille souffrances.


Puis je decouvre avec bonheur les plantes du maquis minier, totalement endémiques de l'île. Le soleil joue au théâtre avec les plis et les rondeurs des collines tout autour.


Mais me voilà embarquée direct pour les îles Loyauté, dans le grand Bleu. Toutes les nuances de bleu. Je me noie dans ce turquoise, et je n'ai pas fini de l'explorer...

Lifou, une des nombreuses criques cachées avec les rochers de corail


Sur la plage, je ne sais plus ce que je préfère, les bleus verts de l'eau ou le regard sombre de cette fillette kanak. Des yeux noirs,  comme perdus dans un autre monde... elle me rappelle quelqu'un.
Je suis à bon port.
A très bientôt!

7.8.14

Voyage en train



Envie de vous raconter la France le temps d'une traversée... en train , 5 heures.




Au début, rien.
Deux lignes, l'Horizon. On respire.
De temps en temps, un point virgule, un accent, une exclamation puis plus rien.
............................................la ligne......................................................... droite.
Le temps s'étire.
Tiens et si je dessinais ça ? Ce qu'on retient d'un paysage qui passe à 300 km/h... archétypes superposés mentalement qui finissent par composer l'image d'un lieu, d'un pays.

Tout doucement, cette ligne commence à onduler, lentement.
A moutonner, à verdir.

D'un coup, je relève la tête et ça y est, je reconnais la Bourgogne.
Les prés ont remplacé les céréale, les haies courent le long des lignes de niveau, dessinant chaque colline, reliant les bois et les villages. Toits bruns carmins, flèches d'églises, nids d'humains sertis de végétation feuillue bien généreuse... tâches blanches des troupeaux.
Pays d'Yonne, Morvan, Charolais défilent.




 
Peu à peu, les champs moissonnés réapparaissent, les courbes s'apaisent tandis qu'à l'horizon se lèvent les contreforts montagneux. Les Dombes, pays d'étangs, de bois et de maïs, s'impriment sur ma rétine... mais déjà la plaine Lyonnaise  les remplacent.
La Vallée du Rhône s'enchaîne, je ne sais plus de quel côté regarder... ici une cheminée d'usine, là une barre rocheuse... la Chartreuse, le Vercors ? Trois vignes, le Pilat et déjà voici les lignes de peupliers et les vergers de Montélimar.




Ca s'accélère, plus le temps de mettre de la couleur, vite, vite, j'attrape au vol quelques lignes de la Durance... tandis que déjà s'annonce le pays d'Aix, sec, blanc et vert de garrigue.

Je la guette, elle se fait attendre mais non, la voilà d'un coup, dominant le paysage,
la Montagne Sainte Victoire.
"Aix TGV, deeeux minuuuuuutes d'arrêeeeet"........ le temps d'aquareller ces paysages très sauvages.




Et hop, fière de moi, je relève la tête... et je suis au milieu de la ville. Marée marseillaise de maisons, d'immeubles, bâtis de bric et de broc, superposés dans tous les sens... j'ai perdu mes repères.
Si ! Ah là-bas, le port, les îles du Frioul... la Bonne mère, ouf !!!

Grandes collines rocheuses, barres d'immeubles, le tout éclaboussé d'or par le soleil couchant.

Kaléidoscope de couleurs du Sud, puis les ombres gagnent. Le temps d'esquisser la Ciotat, non, trop tard, Bandol. Trois palmiers, une baie, la Nuit est tombée, rideau !


Cinq heures... Ca paraît long à priori, et pourtant, de cette manière-là, 
je ne les ai pas vu passer !!!