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21.10.18

Les Petits Riens d'une navigation estivale

L'été est déjà loin derrière nous et c'est toujours agréable de revoir les bons moments des vacances. Vous savez, quand on est en bateau, ce n'est pas toujours évident de dessiner, surtout si on n'est pas nombreux à bord.
Nous naviguons depuis plusieurs années sur ELOISE II, un bateau classique, joli yawl bermudien de 1957 où la majorité des manoeuvres se fait à l'ancienne. Il n'y a pas de pilote automatique, alors pas question de lâcher la barre . Aussi, quand il n'y a pas trop de vent, que ça ne bouge pas trop, que l'allure est régulière et que le bord est assez long, il faut vite en profiter pour sortir papiers et crayons avant le prochain virement. 





Nous sommes partis de Roscoff le matin même. Ma soeur Marion n'a pas navigué depuis longtemps et s'amarine doucement à la barre du bateau. A notre plus grand bonheur, le beau temps est au rendez-vous et lorsque nous croisons au large de la superbe côte de granit rose, les paysages se révèlent absolument magnifiques !



D'ailleurs, ce n'est pas pour rien si le phare des Héaux de Bréhat, construit à la pointe du sillon de Talbert sur les récifs des Epées de Tréguier, est classé monument historique ! 
                                

Quelle jolie navigation ! On dépasse l'archipel des Sept-Iles, le paradis des oiseaux, réserve naturelle depuis plus de quarante ans . Pas facile d'identifier Rouzic, les Costans, Malban, Bono, l’Ile aux Moines, l’Ile Plate et les Cerfs dans tous ce chaos granitique !  On a du mal à s'imaginer que deux gardiens de phare se relaient ici tous les quinze jours ! Et pourtant, en, breton,  l’Archipel des Sept-Iles se nomme "AR VENTILEZ", ce qui signifie "LES GENTILLES".




Ce jour-là, tout en gardant l'oeil sur la carte au moment où l'on passait les gentilles sept îles, j'en ai même profité pour ressortir mes vieilles aquarelles que je n’avais pas utilisées depuis
nos pérégrinations nautiques en mer baltique en 2012 
Mes gestes ne sont plus aussi libres et spontanés et je vous avoue que si l'envie de m'y remettre me tenaille de temps en temps, ça ne dure jamais longtemps : je reviens vite à mes Leporelli , mes feutres waterproof et mes cires aquarellables.







J'ai conscience de vivre un moment privilégié alors que c'est probablement notre dernière navigation sur Eloise II, dont nous allons bientôt nous séparer. Exceptionnellement durant ces quatre jours, je profite du confort d'être seulement quatre à bord dont un skipper professionnel... mon fils aîné ! Avec lui, la navigation sous spi me paraît tellement facile ! 



Le confort en croisière, c'est aussi celui de passer la nuit bien au calme dans un port abrité où l'on peut profiter d'une douche chaude. D'ailleurs, entre marins, nous notons toujours la qualité des installations sanitaires et cela compte dans le choix de nos escales ...

 

Nous voilà rendus à Saint Cast-le-Guildo. C'est la fin de notre petit escapade et nous sommes très heureux d’amarrer ELOISE II au même ponton que ce magnifique bateau rouge. CHIPS est un classe P, mis à l'eau en 1913, qui passe ici ses quartiers d'été avant de repartir en méditerranée courir les belles régates des grands bateaux classiques. Maxime a le plaisir de s'occuper et de skipper cette petite merveille, mais aussi la chance d'en astiquer les bronzes ! 
Les voiles sont ferlées. Il est temps de faire nos sacs et de quitter le bord après un bon nettoyage du carré et du pont. L'équipage suivant ne va pas tarder à embarquer et appareillera pour les îles anglo-normandes. On se fait un petit restau avant de se quitter? 

24.3.18

Paris sans fin

Le titre de Paris sans fin est un clin d'oeil au livre mythique que Alberto Giacometti composa pendant plus de dix ans. Plus de 150 dessins retracent ses déambulations et son errance graphique dans les rues de Paris. Tiriade le publia trois ans après sa mort, en 1969.

J'ai entamé il y a plusieurs années une série de Panoramas des Petits Riens des Petits Bouts du Monde. Un titre à rallonge que j'ai choisi pour déployer et se déplier comme les carnets Leporelli que je fabrique à l'atelier.
Pour ma part, mon Paris sans fin se compose aujourd'hui d'une vingtaine de grands panoramas de la capitale. Mais il faut que je vous raconte ce qui m'a poussé dans cette direction.


Les Petits Riens de Paris. Vue de Belleville
29. IV. 2014. 11H22- 16H30. / 48° 52’ 17’’ N 2° 23’ 7’’ E
Dessin à l’encre de chine pigmentée sépia , rehaussé de cire aquarellée sur papier crème
Leporello 23 volets. Dimensions 14 cm X 207 cm en déplié

C'est d'abord le format particulier du Leporello qui m’a amené à m’intéresser à la question du paysage en dessinant d’une page à l’autre, puis d’une autre page à une autre, et ainsi de suite... jusqu’à atteindre des dessins de plus en plus long et à représenter des panoramas de plus en plus étendus.

Quand mes Petits Riens ont dépassé le mètre linéaire, je me suis alors lancé le défi de représenter des vues à 180° pour réaliser de longs dessins atteignant deux mètres.



Et puis, c’est en commençant à dessiner Paris que j’ai fait le lien avec une gravure que j’ai eu sous les yeux toute ma jeunesse, une spectaculaire vue de Paris (signée Noël Cochin), accompagnée de quatre vues panoramiques (de Nicolas Berey), datant du milieu du XVII ème siècle.
Est-ce ce qui m’aurait amené au cours de ces dernières années à rechercher des points de vue privilégiés qui nous procurent le sentiment de dominer le monde, de l’embrasser du regard, de le posséder, voire de s’y perdre et s’y dissoudre ? Comment n’y avais-je pas pensé plus tôt ?
Il faut croire que les images que nous marquent lorsque nous sommes enfants imprègnent profondément nos imaginaires en les gravant dans notre inconscient.

Alors je me suis demandé si - trois siècles plus tard- je pouvais retrouver les vues décrites par Nicolas Berey sur cette fameuse gravure. Multipliant mes séjours parisiens, j’ai arpenté les rives de la Seine pour effectuer mes repérages jusqu’à pouvoir identifier deux points de vue restés assez proches et fidèles à ce qu’ils étaient près de trois cents cinquante ans plus tôt.
Alors je me suis amusée à dessiner ces Panoramas comme un hommage à ces artistes du passé qui ont partagé des préoccupations qui relèvent pourtant d’une étonnante modernité et comme un clin d’oeil à tous ces Petits Riens qui font les oeuvres.










Les Petits Riens de Paris. Vue du Pont des Arts,
Galerie du Louvre, Isle du Palais et environs. Hommage à Noël Cochin et Nicolas Berey, trois siècles plus tard. 22. IV. 2016. 15H17 - 23. IV. 2016. 13H53 / 48° 51’ 33’’ N 2° 20’ 16’’ E
Dessin à l’encre de chine pigmentée sépia , rehaussé de cire aquarellée sur papier crème
Leporello 20 volets 9 X 14 cm. 180 cm en déplié

Toutes ces vues panoramiques posent incontournablement «la question de notre rapport au monde et au paysage». J'y dévoile le même rêve d'artiste qui animait Giacometti: dominer la vision et fixer un réel qui nous échappe.
Ces derniers jours, je suis revenue malgré le froid sur le pont des arts et commencé enfin la suite pour une vue à 360 °, mais je me réserve de partager cette histoire avec vous une prochaine fois..

Bénédicte Klène, chroni-croqueuse
https://www.flickr.com/photos/lespetitsriens/

30.1.17

Petits Riens / Janvier 2017

Les Petits Riens © Bénédicte Klène. 2017Les Petits Riens © Bénédicte Klène. 2017
Les Petits Riens © Bénédicte Klène. 2017
Les Petits Riens © Bénédicte Klène. 2017

Les Petits Riens © Bénédicte Klène. 2017
Les Petits Riens © Bénédicte Klène. 2017

Les Petits Riens © Bénédicte Klène. 2017

Les Petits Riens © Bénédicte Klène. 2017Les Petits Riens © Bénédicte Klène. 2017
En général, je préfère que le dessin parle de lui-même et j'aime que le regardeur se l'approprie, accolle ses propres mots et lui réinvente une histoire... En amont de ces images, je dois reconnaître qu'il m'a été difficile de faire le tri parmi la collecte de dessins de mes Petits Riens, marqués par un début d'année tristement endeuillé. Alors, j'ai choisi de montrer l'air grave des visages de Lucile et Rodrigo, en décalage avec "la bonne année". L' image  simple et sobre d'un désarroi intime.

Mais si le pouvoir du dessin est de décrire, illustrer et raconter, il a aussi la  capacité et la particularité de pouvoir réparer les âmes. Est-ce parce que le dessin nous apprend à voir, à nous saisir des choses et les accepter telles qu'elles sont et non telles qu'on aimerait qu'elles soient ? Une leçon à retenir au regard de notre propre condition humaine...Dessiner. Seule dans les cafés, les restaurants, les gares, ou encore en compagnie d'autres croqueurs et croqueuses : voilà qui fait du bien et qui réconforte. Ainsi la vie reprend doucement ses droits au fil du trait et des pages...
J'ai particulièrement apprécié le rendez-vous USK parisien le 12 janvier au muséum national d'histoire naturelle, au jardin des plantes, avec Anne, Blandine, Agnès, Sophie, Annick et Hélène. Au point que j'y suis même revenue seule cette semaine pour attaquer un nouveau dessin panoramique de la galerie de paléontologie et d'anatomie comparée. On est au sec, il y fait chaud, les gardiens sont sympas et on finit par s'attacher à la compagnie des vieux os et de l'élégant écorché! J'y reviendrai, c'est sûr ! 

Enfin, samedi dernier, c'était le 54 ème Skectchcrawl avec un rendez-vous aux
" GRANDS VOISINS " le matin et au " LAB 14 " l'après-midi,  deux espaces alternatifs situés dans le 14 ème. 
Je n'aurais jamais imaginé pouvoir dessiner à l'extérieur en cette saison ! C'est pourtant ce que nous avons fait avec Brigitte tout en faisant un long brin de causette . Des cabanes dans l'ancien hôpital St Vincent de Paul, au pied de la fondation Cartier, offrent le spectacle d'une étonnante cohabitation en plein Paris. Il ne fallait pas rater ça!
Matin dehors, après-midi dedans. Au LAB14 qui réunit une trentaine d'artistes venant du street art, j'ai finalement préféré croquer les un(e)s et les autres, toute réconfortée par ces belles rencontres ! 

Vivement le prochain sketchcrawl ! 

18.7.16

Des meules et des carnets (Suite : Carnet 2)



Ici, ce sont encore des Petits Riens du OFF de Croq and Mob à Villeu-Giffard que j'ai croqués. 
J'ai pris mon carnet pour dessiner, je l'ai laissé, j'ai recommencé et c''est pour ça que Lapin et Bonnie-Britt se sont trouvés à deux reprises dans mon champ de mire...


Lapin, Bonnie-Britt


Philou Kalvez, Viviane Dautais, Lapinette, Lapin , Gilles Chasseboeuf


Gégé, Bonnie-Britt

J'aime bien l'ambiance calme et sereine, tous les dessinateurs concentrés sur ce qu'ils font, ou autour d'un café sur la terrasse ensoleillée, à côté de la mob relookée par Lapin. On aperçoit une des caravanes qui accueille les stars de la résidence, les magnifiques toilettes sèches et le superbe tippie  qui donne un sacré cachet à l'ensemble ! 

Ce deuxième carnet a innové un format qui m'était encore inhabituel : des pages de 20 X 20 cm. Et si j'avais bien dans l'idée de réaliser un long panoramique de deux mètres, cette fois j'ai calé avant la fin...



Des meules et des carnets (Suite : premier carnet)


Ouf les vacances !  
Enfin le moment de prendre du temps pour rattraper tout le retard accumulé et faire un petit retour en arrière... Vers l'aventure Croq and Mob (2 ème édition / 2016)
L'ami Tazab a déjà brossé ici son épisode http://france.urbansketchers.org/2016/06/des-meules-et-des-carnets.html

C'était un plaisir de retrouver la joyeuse équipe des croqueurs casqués, aussi j'avais préparé à l'atelier des formats variés de LEPORELLI , des carnets "SPECIAL CROQ &  MOB" dans l'idée de faire une série de portraits, mais aussi de paysages et d'autres scènes des cinq communes impliquées dans le projet. Alors, pour ne pas se perdre sur les routes, j'ai collé les cartes de la région de Brocéliande en couverture..


Ce premier carnet  (format 14 X 18 cm)
offre une galerie de portraits réalisés en off à Villeu-Giffard chez Luc Perez. 
Encre de chine sépia rehaussé de cire aquerellée sur papier Vivaldi crème

Canapé moelleux pour tout le monde chez Luc et Patricia, avec Alexandre (équipe vidéo)


Lolmède, Lapinette, Yann Le Sacher, Philippe Kalvez


Coline -vidéo, Lapin


Luc Perez, Gildas Chassebeouf, Viviane Dautais


Pierre Amoudry, Gildas Chassebeouf, Jean Marc et Renato, ses amis musiciens






Daniel, Jean-Charles, Linda, Lapin, David, Maryline, Anouk , Alban


Anne , Viviane, Philou Kalvez, Pierre Amoudry, Guillaume Duval


Elena C. Stanescu, Lilyan


Mylène, de l'équipe vidéo


Christèle Fournier, Pierre Ramine, Pierre Amoudry, Anouk

Ici, on croque, on dîne, on festoie, on recroque, on joue de la musique, on chante, on s'amuse, on discute, on fait connaissance, on croque et recroque à peine dents !


9.2.14

La Saga du Pommé / Episode 3





Après la cueillette et l'épluchage, il faut alors s'occuper de pressage pour fabriquer le moût, à la base de la cuisson du pommé. 















Une fois obtenu, le cidre doux (ce fameux moût) est mis à chauffer dans une grande pelle en cuivre et porté à ébullition. 



Ce n'est qu'après une douzaine d’heures à ébullition que l'on versera régulièrement les pommes coupées dans le cidre. Il ne sera pas utile d'ajouter du sucre dans le pommé, car le cidre doux et le choix des pommes permet d'obtenir un goût sucré très caractéristique. 


Posé en attente derrière la chaudière  le "ribot" (cette sorte de grande cuillère en bois à la base arrondie) sert à racler le fond de la bassine  afin que le Pommé ne colle pas à la pelle. On sait déjà qu'il faudra se relayer pour tourner (on dit ramaougeu  dans la région) Et les équipes de ramaougeurs s'organisent pour assurer les douze heures de cuisson…La fête a déjà bien commencé!